Une facture électronique ne se résume pas à un PDF
Un PDF ordinaire envoyé par email n'est pas une facture électronique conforme au sens de la réforme. La facture doit respecter un format normé, contenir des données structurées et être acheminée par une plateforme agréée par l'État, directement ou par l'intermédiaire d'une solution compatible.
Chaque entreprise doit donc choisir une plateforme agréée pour recevoir ses factures. Elle doit également vérifier que son logiciel de comptabilité, son ERP ou sa solution métier peut échanger les données nécessaires avec cette plateforme.
Pourquoi les flux d'intérim demandent une attention particulière
Dans le travail temporaire, le montant facturé dépend de plusieurs données métier : contrat de mission, qualification, taux horaire, coefficients, primes, indemnités et relevés d'heures validés. Une seule incohérence peut retarder la validation d'une facture ou entraîner une demande de correction.
Cette vigilance devient encore plus importante lorsque l'entreprise travaille avec plusieurs agences, plusieurs sites ou des volumes élevés d'intérimaires. La réforme ne crée pas ces écarts, mais elle impose de mieux organiser la circulation des factures et le suivi de leur traitement.
Les principaux risques à anticiper sont les suivants :
un écart entre les heures validées et les heures facturées ;
une référence de mission, de commande ou de site absente ou incorrecte ;
des règles de facturation différentes selon les agences ou les établissements ;
un rejet ou un litige insuffisamment documenté ;
des informations réparties entre plusieurs fichiers, emails et logiciels.
Ce que les entreprises utilisatrices doivent préparer
Depuis septembre 2026, les entreprises utilisatrices doivent pouvoir recevoir les factures électroniques adressées par leurs fournisseurs concernés. Elles doivent aussi organiser leur traitement interne afin de rapprocher chaque facture des données qui ont servi à la calculer.
Concrètement, il convient de vérifier :
la plateforme agréée choisie pour la réception des factures ;
les données d'identification de l'entreprise et de ses établissements ;
la compatibilité des outils comptables et métier ;
les références attendues sur les factures des agences de travail temporaire ;
le circuit de validation, de refus ou de mise en litige ;
la traçabilité des décisions et des échanges avec les agences.
Ce que les agences de travail temporaire doivent préparer
Les agences de travail temporaire sont soumises au même calendrier que les autres entreprises. Leur date d'obligation d'émission dépend donc de la catégorie de l'entreprise : grande entreprise ou ETI depuis septembre 2026, PME ou microentreprise à partir de septembre 2027.
Avant d'émettre leurs factures électroniques, les ETT doivent s'assurer que leur logiciel de facturation produit les données attendues et peut les transmettre à une plateforme agréée. Elles doivent également fiabiliser le lien entre les heures validées, les éléments contractuels et la facture envoyée au client.